L’interphase

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Chapitre 6 : Le cycle cellulaire

L’interphase : les phases G1, S et G2

Avant la division, la cellule traverse une phase de préparation minutieuse : croissance, réplication de l’ADN et vérifications successives. Cette vidéo détaille les trois étapes de l’interphase et les points de contrôle qui garantissent une division réussie.

📹 8:02  |  Biologie cellulaire L1

L’interphase représente environ 90 à 95% du cycle cellulaire, mais elle reste souvent la phase la moins connue. C’est pourtant là que se joue l’essentiel : la croissance de la cellule, la copie fidèle de son ADN, et plusieurs vérifications avant l’entrée en division.

La phase G1 : la décision

En phase G1, la cellule grandit, synthétise des protéines et surveille son environnement. C’est ici que se situe le premier point de contrôle du cycle : le point de restriction. La cellule y évalue si elle est suffisamment grande et si les conditions extérieures sont favorables pour s’engager dans la division.

Le point de restriction

Ce point de contrôle repose sur un mécanisme moléculaire précis : la cycline D s’associe à CDK4/6, ce qui entraîne la phosphorylation de la protéine Rb. Cette phosphorylation libère le facteur de transcription E2F, qui permet à la cellule de progresser vers la phase S. Si les conditions ne sont pas réunies, la cellule quitte le cycle et entre en phase G0.

La phase S : la copie

Pendant la phase S, l’ADN est entièrement répliqué selon un mécanisme semi-conservatif : chaque nouvelle molécule d’ADN conserve un brin parental et reçoit un brin nouvellement synthétisé. La cellule passe ainsi d’un contenu en ADN noté 2n,2C à 2n,4C, sans changement du nombre de chromosomes.

La machinerie de réplication

L’hélicase déroule la double hélice au niveau de multiples origines de réplication, pendant que l’ADN polymérase synthétise les nouveaux brins. Ce système d’origines multiples permet de copier les milliards de paires de bases du génome humain en quelques heures seulement, avec une fidélité quasi parfaite.

Chromatides sœurs et cohésines

Une fois répliqué, chaque chromosome est constitué de deux chromatides sœurs identiques, maintenues étroitement liées par des protéines appelées cohésines. Cette cohésion est essentielle : elle garantit que les deux copies resteront ensemble jusqu’à leur séparation en anaphase, lors de la mitose.

La phase G2 : la vérification

En phase G2, la cellule contrôle que la réplication de l’ADN s’est déroulée sans erreur. C’est le deuxième point de contrôle du cycle : le point de contrôle G2/M, piloté par le complexe formé de la cycline B et de CDK1, aussi appelé MPF (Maturation Promoting Factor). Si une erreur est détectée, le cycle est interrompu le temps d’une réparation, ou la cellule peut être orientée vers l’apoptose.

La phase G0 : un état particulier

Certaines cellules quittent le cycle cellulaire et entrent en phase G0, un état de quiescence. Pour certaines, comme les neurones, cette sortie est définitive : c’est la différenciation terminale. D’autres, comme les cellules hépatiques du foie, peuvent rester en G0 pendant une longue période tout en conservant la capacité de réintégrer le cycle si un signal de régénération tissulaire se présente.

✅ À retenir

  • L’interphase comprend trois phases : G1 (croissance), S (réplication de l’ADN), G2 (vérification)
  • Le point de restriction (G1) et le point de contrôle G2/M sont les deux verrous principaux avant la mitose
  • La réplication est semi-conservative : chaque chromosome répliqué forme deux chromatides sœurs liées par des cohésines
  • La phase G0 est un état de quiescence, réversible ou définitif selon le type cellulaire

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