Types trophiques : Classification nutritionnelle des bactéries
Dans cette vidéo, nous classons les bactéries selon leur source d’énergie, de carbone et d’électrons, puis selon leur relation à l’oxygène.
Toutes les bactéries ne se nourrissent pas de la même façon. Certaines captent la lumière, d’autres oxydent des minéraux ou dégradent la matière organique. Cette vidéo présente la classification nutritionnelle des bactéries et leur relation à l’oxygène, deux notions essentielles pour comprendre leur culture au laboratoire.
Les trois critères de classification
Pour se développer, une bactérie a besoin d’une source d’énergie, d’une source de carbone pour construire ses molécules et d’un donneur d’électrons pour ses réactions d’oxydoréduction. Le type trophique d’une bactérie est défini par la combinaison de ces trois critères.
Source d’énergie : phototrophes et chimiotrophes
Les bactéries phototrophes utilisent l’énergie lumineuse grâce à des pigments photosynthétiques. Les bactéries chimiotrophes tirent leur énergie de l’oxydation de composés chimiques, minéraux ou organiques. La grande majorité des bactéries d’intérêt médical sont chimiotrophes.
Source de carbone : autotrophes et hétérotrophes
Les bactéries autotrophes utilisent le CO₂ comme unique source de carbone et synthétisent elles-mêmes leurs molécules organiques. Les bactéries hétérotrophes ont besoin de composés organiques préformés (sucres, acides aminés…) qu’elles prélèvent dans leur environnement.
Donneur d’électrons : lithotrophes et organotrophes
Les bactéries lithotrophes utilisent des donneurs d’électrons minéraux comme H₂, NH₄⁺, H₂S ou Fe²⁺. Les bactéries organotrophes utilisent des composés organiques. En combinant les trois critères, on obtient des types comme les photolithoautotrophes (cyanobactéries), les chimiolithoautotrophes (bactéries nitrifiantes comme Nitrosomonas) ou les chimioorganohétérotrophes, groupe qui inclut E. coli et la plupart des bactéries pathogènes.
Relation à l’oxygène
Les bactéries aérobies strictes ont besoin d’O₂ pour respirer (Pseudomonas aeruginosa, Mycobacterium tuberculosis). Les anaérobies strictes sont tuées par l’O₂ car elles ne possèdent pas les enzymes de détoxification de ses dérivés toxiques, la catalase et la superoxyde dismutase (Clostridium). Les aéro-anaérobies facultatives se développent avec ou sans oxygène (E. coli, Staphylococcus). Les microaérophiles exigent une faible concentration d’O₂ (Helicobacter pylori, Campylobacter). Les anaérobies aérotolérantes ne l’utilisent pas mais le supportent (Streptococcus, lactobacilles).
✅ À retenir
- Le type trophique combine trois critères : source d’énergie, source de carbone et donneur d’électrons.
- Phototrophe : énergie lumineuse. Chimiotrophe : énergie issue de l’oxydation de composés chimiques.
- Autotrophe : carbone issu du CO₂. Hétérotrophe : carbone issu de composés organiques.
- Lithotrophe : donneur d’électrons minéral. Organotrophe : donneur d’électrons organique.
- La plupart des bactéries pathogènes sont chimioorganohétérotrophes.
- Face à l’oxygène, on distingue les aérobies strictes, les anaérobies strictes, les aéro-anaérobies facultatives, les microaérophiles et les anaérobies aérotolérantes.
Quiz : Types trophiques
Bactériologie : Métabolisme et nutrition